Le procès-verbal de la réunion du Comité fédéral de l’open market (FOMC) des 28 et 29 juillet 2026, publié le 19 août, révèle des discussions au sein de la Réserve fédérale sur une inflation américaine persistante, un marché du travail stable et une croissance économique continue. Ce document offre un aperçu des préoccupations et des perspectives des décideurs monétaires, crucial pour anticiper l'orientation future de la politique de la Fed et ses implications pour les marchés financiers.
Points clés
- L'inflation totale PCE atteignait 4,1 % en mai et l'inflation sous-jacente 3,4 %, avec des estimations de ralentissement pour juin à 3,7 % et 3,3 % respectivement.
- Le marché du travail est resté stable avec un taux de chômage de 4,2 % en juin, et le produit intérieur brut a continué de progresser.
- Les rendements des bons du Trésor ont augmenté de 25 à 30 points de base, principalement sous l'effet d'une hausse des taux réels.
- Les marchés attribuaient une probabilité d'environ un tiers à une hausse des taux en juillet et intégraient pleinement une hausse de 25 points de base d'ici septembre, contrastant avec la médiane des enquêtes du Desk qui n'anticipait aucun changement de taux en 2026 ni en 2027.
- Le document souligne la vigueur des investissements liés à l'intelligence artificielle, les tensions sur le crédit privé et des vulnérabilités financières jugées notables.
Une inflation persistante malgré des signes de modération
Le procès-verbal de la Fed met en lumière la préoccupation centrale des membres du FOMC concernant l'inflation. En mai 2026, l'inflation PCE totale s'élevait à 4,1 % sur un an, tandis que l'inflation sous-jacente, qui exclut les éléments volatils comme l'énergie et l'alimentation, atteignait 3,4 %. Ces chiffres restent significativement au-dessus de l'objectif de 2 % fixé par la Réserve fédérale.
Pour le mois de juin, les services de la Fed estimaient un léger ralentissement, avec une projection de 3,7 % pour l'indice total et de 3,3 % pour l'indice sous-jacent. Bien que cette modération soit perçue comme un signe encourageant, elle ne suffit pas à dissiper les inquiétudes quant à la persistance des pressions inflationnistes. Les prix du pétrole ont également progressé, exacerbés par l'escalade des tensions au Moyen-Orient, ce qui pourrait potentiellement alimenter de nouvelles pressions inflationnistes à court terme. Cependant, le document note que les anticipations d'inflation à long terme sont restées stables et cohérentes avec l'objectif de 2 %, suggérant une confiance relative dans la capacité de la Fed à maîtriser l'inflation sur le long terme.
Marché du travail stable et croissance économique robuste
Parallèlement aux défis inflationnistes, l'économie américaine a montré des signes de résilience. Le marché du travail est demeuré stable, avec un taux de chômage de 4,2 % en juin. Cette stabilité du marché de l'emploi, combinée à une progression continue du produit intérieur brut, dépeint un tableau d'une économie robuste. La vigueur de l'activité économique est également soutenue par des investissements persistants et notables dans le secteur de l'intelligence artificielle, qui continue de stimuler certains segments de l'économie.
Cette combinaison d'une croissance économique solide et d'un marché du travail tendu pourrait, cependant, contribuer à maintenir des pressions inflationnistes, notamment par le biais des salaires et de la demande de biens et services. La Fed se trouve ainsi face à un dilemme : soutenir la croissance sans laisser l'inflation s'ancrer davantage.
Divergence entre les attentes de marché et les projections de la Fed
Un élément notable du procès-verbal est la divergence entre les anticipations des marchés financiers et celles des services de la Fed. Les marchés attribuaient environ une chance sur trois à un relèvement des taux directeurs en juillet et intégraient pleinement une hausse de 25 points de base d'ici septembre. Cette anticipation reflète une perception des marchés selon laquelle la Fed pourrait devoir agir plus agressivement pour contrer l'inflation.
En revanche, la médiane des réponses à l'enquête du Desk de la Réserve fédérale n'anticipait aucun changement de taux en 2026 ni en 2027. Cette divergence suggère une potentielle incompréhension ou un décalage d'interprétation entre les acteurs du marché et les prévisions internes de la Fed concernant la trajectoire future des taux d'intérêt. Une telle disparité peut être une source de volatilité et d'ajustements brusques sur les marchés si l'une ou l'autre des parties ajuste ses attentes.
Contexte économique et données vérifiables
Le contexte économique décrit par le procès-verbal est celui d'une économie américaine en croissance, mais confrontée à une inflation élevée. Les données clés sont les suivantes :
- Inflation PCE totale : 4,1 % sur un an en mai 2026.
- Inflation PCE sous-jacente : 3,4 % sur un an en mai 2026.
- Estimations pour juin : 3,7 % pour l'inflation totale et 3,3 % pour la sous-jacente.
- Taux de chômage : 4,2 % en juin 2026.
- Produit intérieur brut : Progression continue.
- Rendements des bons du Trésor : Augmentation de 25 à 30 points de base, principalement due à la hausse des taux réels.
- Prix du pétrole : Progression due aux tensions au Moyen-Orient.
- Anticipations d'inflation de long terme : Stables et cohérentes avec l'objectif de 2 %.
- Dollar américain : Légère appréciation.
- Marchés actions : Léger recul.
- Conditions monétaires : Globalement stables.
- Investissements : Vigueur persistante dans l'intelligence artificielle.
- Crédit privé : Tensions identifiées.
- Vulnérabilités financières : Jugées notables.
Ces éléments, issus du procès-verbal officiel de la Federal Reserve (Source primaire), dessinent un paysage économique complexe où la résilience de la croissance et de l'emploi coexiste avec des pressions inflationnistes persistantes et des risques financiers.
Effets possibles sur les marchés
Les informations contenues dans le procès-verbal du FOMC, combinées aux anticipations de marché, pourraient influencer diverses catégories d'actifs. Il est important de noter que ces scénarios sont des hypothèses basées sur les faits présentés et non des prédictions garanties.
Marché obligataire : La hausse des rendements des bons du Trésor, principalement due aux taux réels, suggère que les investisseurs exigent une compensation plus élevée pour détenir de la dette américaine, potentiellement en raison d'une perception de l'inflation future ou d'une politique monétaire plus restrictive. Si l'inflation reste élevée et que la Fed maintient une rhétorique restrictive, les rendements pourraient continuer à augmenter, exerçant une pression à la baisse sur les prix des obligations. La divergence entre les attentes du marché (hausses de taux) et les projections du Desk (pas de changement en 2026-2027) pourrait entraîner une volatilité accrue, les rendements s'ajustant aux nouvelles informations ou aux déclarations officielles.
Marché des actions : Le léger recul des actions mentionné dans le document pourrait être un signe de la sensibilité du marché à des taux d'intérêt potentiellement plus élevés et aux tensions sur le crédit privé. Une politique monétaire plus restrictive rend le financement plus coûteux pour les entreprises et peut réduire les valorisations boursières. Cependant, la vigueur des investissements liés à l'intelligence artificielle pourrait continuer de soutenir les secteurs technologiques et innovants. Les vulnérabilités financières notables identifiées par la Fed pourraient également peser sur le sentiment général, incitant à la prudence et potentiellement à des rotations sectorielles vers des valeurs plus défensives.
Marché des devises : Le dollar américain s'est légèrement apprécié. Si l'économie américaine continue de montrer des signes de robustesse (croissance du PIB, marché du travail stable) et que les anticipations de hausses de taux persistent sur les marchés, le dollar pourrait maintenir sa force relative, surtout si d'autres grandes banques centrales adoptent une approche plus accommodante ou si leurs économies sont moins performantes. Une appréciation du dollar rend les importations américaines moins chères, ce qui pourrait aider à modérer l'inflation importée, mais rend les exportations plus coûteuses.
Matières premières : La progression des prix du pétrole en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient est un facteur clé. Une persistance ou une intensification de ces tensions pourrait continuer à soutenir les prix de l'énergie, ce qui aurait un impact direct sur l'inflation générale. D'autres matières premières pourraient réagir à l'évolution de la demande mondiale et à la force du dollar.
Actifs numériques : Bien que le procès-verbal ne mentionne pas spécifiquement les actifs numériques, ces derniers sont souvent considérés comme des actifs à risque et peuvent être sensibles aux conditions de liquidité et à l'appétit général pour le risque. Une politique monétaire plus restrictive, entraînant des taux réels plus élevés et des tensions sur le crédit, tend à réduire la liquidité globale et peut freiner l'investissement dans des actifs perçus comme plus spéculatifs. Les vulnérabilités financières notables pourraient également inciter les investisseurs à réduire leur exposition aux actifs les plus volatils, y compris certains actifs numériques.
Les faits présentés dans le procès-verbal du FOMC du 28 et 29 juillet 2026 soulignent une économie américaine caractérisée par une croissance économique continue et un marché du travail stable, mais aussi par une inflation persistante et des vulnérabilités financières notables. La divergence entre les attentes des marchés financiers et les projections internes de la Fed concernant la trajectoire des taux d'intérêt introduit une incertitude significative quant à l'orientation future de la politique monétaire.
Les scénarios de marché esquissés ci-dessus sont des hypothèses basées sur l'analyse des données fourn